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Lom Pangar août 6 2012

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206 francs CFA l’heure !

 

A la place d’un véritable partenariat gagnant-gagnant, les chinois imposent aux camerounais une coopération qui affiche le visage hideux de l’impérialisme.

 

A.Essomba,  est visiblement très furieux. «Nous n’avons pas  de contrats de travail, la grille des salaires de la convention collective des bâtiments  n’est  pas respectée. Nous sommes payés à la main.  Il n’existe aucune  classification professionnelle, les heures supplémentaires ne sont pas payées. Surtout qu’il n’existe aucune indemnité et nous ne sommes pas connus de  la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps)  les malades  ne sont pas pris en charge, et ils nous payent à 206 francs CFA l’heure. Nous travaillons 12 heures par jour» lâche t’il courroucé.  Pour lui, Les conditions de travail des ouvriers camerounais sur le site de Lom Pangar sont inhumaines. Ici, quotidiennement, leurs droits sont violés.  Les travailleurs du site de Lom Pangar avaient défrayé la chronique il y’a quelques semaines lorsqu’ils ont menacé de faire grève avant la pose de la première pierre. Les responsables approchés n’ont pas souhaité parlé à la presse. Le chef de chantier s’est même montré menaçant lorsque nous lui avons dit que les soupçons d’exploitation illégale de l’or pesaient contre l’entreprise chinoise en charge du barrage. «  C’est curieux, depuis notre arrivée ici, nous n’avons pas vu une seule pépite d’or », lance le traducteur. Les propos du responsable de la Cwe, traduisent à suffisance la discrétion, le secret  qui entoure  les activités des entreprises chinoises au Cameroun, quand bien même, elles évoluent en margent de la réglementation. Le taux de chômage élevé et la concurrence de la main d’œuvre étrangère bon marché d’origine asiatique n’est pas pour jouer en la faveur des camerounais. Sur le site de Lom Pangar, les employés qui revendiquent sont très souvent remerciés nous confie A. Essomba.

Coopération

Le premier des camerounais lors de la pose de la première pierre a salué « le partenariat entre le Cameroun et la chine ». Doit-on de coopération ou de partenariat gagnant-gagnant  dans les relations entre nos deux pays ?  La coopération chinoise est savamment huilée. Elle nous est bien imposée. Fort de sa surface financière, de son potentiel technologique et son milliard d’habitants, l’empire du milieu surfe sur une coopération hideuse, dont à laquelle les autorités ne s’opposent pas. La chine glisse sur le terrain des pratiques esclavagistes. Lorsque l’on sait que les manœuvres du site de Lom Pangar sont payés à 206 francs l’heure, achètent leurs bottes, se soignent à leur frais, et offrent leur énergie pour plus de 12 heures de travail par jour. Difficile d’imaginer que ce pays puisse se comporter autrement. Il est mis régulièrement sur le banc des accusés par la communauté internationale au sujet des multiples violations des droits de l’homme. C’est donc à une coopération colorée à laquelle nous assistons. Notre gouvernement qui a pour priorité de lancer les chantiers qui vont améliorer les conditions de vie des camerounais semble impuissant d’imposer le respect de la convention collective.

 Nos compatriotes employés dans les sociétés chinoises sont à la merci des employeurs  asiatiques qui n’hésitent pas à faire brandir la menace du licenciement à la moindre revendication. Les entrepreneurs chinois profitent des juteux marchés que leur offre notre pays mais comment comprendre qu’en plus,  ils ne se content pas simplement d’investir mais viennent aussi avec leur main d’œuvre disponible pour remplacer le cas échéant, les employés locaux récalcitrants ?  Viennent-ils nous aider à sortir de la misère ou à mieux la partager  au mépris de toute réglementation ? En réponse, un expert, nous a expliqué  cette situation par le fait que les offres chinoises sont généralement les « moins exigeantes» financièrement,  en termes de conditionnalités  sur les droits de l’homme, même si elles ne remplissent pas toujours la totalité des critères exigés. «Grâce à cette offre, a il souligné, nous pouvons rattraper un certain retard. Mais il ne s’agit pas d’un problème particulier qu’il faut résoudre, même s’il faut reconnaître que cette présence pose un problème d’ordre éthique. Les entreprises chinoises devraient respecter la réglementation du travail,» a-t-il fini par lâcher.

Armand O. 

91 15 42 77 // 70 14 83 54 

 






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