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Opération épervier: La justice prise en otage avril 27 2012

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Depuis le déclenchement de l’opération épervier, les procédures judicaires en cours laissent entrevoir une absence d’indépendance criarde de l’institution judiciaire. Certains procès s’enlisent.

 

Pour maitre Charles Tchoungang, ex bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun, parlant du rôle de la justice dans l’opération épervier, « beaucoup de dossiers sont vides. On a voulu instrumentaliser la justice, pour couvrir des fautes à la fois politiques et juridiques ». Les affaires Thierry Atangana, Titus Edzoa, Olanguena Awono, Atangana Mebara et bien d’autres présentent des faits qui, en réalité illustrent les manquements dans le fonctionnement du système judicaire camerounais.

Manipulations

entre les immixtions supposées ou réelles du contrôle supérieur d’Etat ( consupe) les manipulations du ministère de la justice, et les interventions de la présidence de la République à travers le secrétaire général, l’opinion nationale est confuse et désorientée.si l’institution judicaire est appelée à rendre en toute indépendance la justice et à dire le droit, il reste vrai que dans l’opération épervier, de nombreux procès ont de relents de règlements de compte voire de vengeance. L’on a pu noter par exemple que les procès verbaux des enquêteurs du consupe étaient manipulés. À titre d’exemple, le 22 janvier 2010, David Etamé Massoma étale au grand jour les immixtions de ses collaborateurs. Le plus surprenant est l’absence de sanctions à l’encontre de ceux ci. Pourtant, le code pénal, dans son article 164, propose une panoplie de sanctions lorsque de faux procès verbaux et expertises sont dressés.

Le consupe n’est pas la seule institution accusée d’être « le comploteur intellectuel » dans l’opération épervier. L’absence de neutralité de la chancellerie est régulièrement fustigée par la société civile et les avocats des mis en cause. Dans un courrier adressé à monsieur amadou Ali, vive premier ministre, en charge de la justice, Polycarpe Abah Abah, s’inscrivait en faux contre les informations divulguées par le ministre en charge de la justice. Selon l’ancien ministre des fiances, Amadou Ali l’accusait de « poser à l’étranger des comptes à centaines de milliards à l’étranger, alimentés par des détournements. Ces affirmations visent jeter l’opprobre sur ma personne, à monter le chef de l’Etat contre et le peuple camerounais contre moi, et surtout à influencer la justice ». Il continuait en affirmant que les comptes dont il était question, n’avaient jamais existé. A côté des interventions du consupe et de la chancellerie, l’on observe a regret les interventions acharnées du Sg/pr c’est lui qui transmet les dossiers au chef de l’Etat, avant la saisine des juridictions. Abusant de son rôle d’interface, entre les administrations et la présidence,  au moment de soumettre les dossiers, il ferait preuve de discrimination. La qualité des personnalités concernées par l’opération épervier est une menace pour l’indépendance de cette institution, qui constitue le 3e pouvoir. Après de nombreuses années de procédures qui semblent interminables, les prisonniers de luxe mettent souvent en œuvre leur réseau de relations internationales pour afin d’exercer la pression sur nos institutions. Ils sont parfois très exigeants envers la justice. Urbain Olanguena Awono, dans une lettre parue chez nos confrères de Le Messager, précisait que «  l’écran de fumée qui entoure le contexte de l’opération épervier se nourrit essentiellement dans bien, des cas, du jeu politicien, fait des mensonges et d’amalgames juste pour ternir la réputation de certaines personnalités qu’on voudrait effacer de la scène politique (…) ces mensonges destinés à couvrir de boue des personnes ayant servi la République du Cameroun avec dévouement, patriotisme, honneur et compétence au prix des sacrifices(…) il faut revenir à la vérité et libérer les innocents ». Abah Abah Polycarpe quant à lui, lors de l’audience du 25 octobre 2011, à la cour d’appel du Centre, lâche, « c’est une grande première, depuis plus de quatre (04) ans que je parle,, des mensonges ont été dits, à propos des milliards que j’aurai banqué à l’étranger, que cela soit donc prouvé ». Jean marie Atangana Mebara déclarera au cours de l’audience de septembre 2011, « je suis fatigué de ce procès en accordéon. Après trois ans, je ne me sens plus en état de poursuivre les procès dont les procédures sont tantôt jointes et disjointes. Jugez-moi une fois pour toutes. Je n’ai plus aucun goût à participer à ce jeu d’humiliation ». Il enfoncera le clou le 14 avril, « on a monté un faux dossier contre moi » lâche t’il. La justice a perdu sa crédibilité aux yeux de beaucoup d’observateurs dans l’opération épervier avec toutes ces procédures interminables dans lesquelles elle s’enferme entre des institutions qui sec chevauchent. Le consupe, le ministère de la justice, le secrétariat général de la présidence de la république et même le jeu d’influence des prisonniers de « luxe ». Les uns se battent pour détruire, les autres plutôt déterminés à maintenir la pression.

Opération épervier avril 27 2012

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La justice comme arme de destruction massive

Les dossiers ont beau être vides, les condamnations suivent toujours. La consigne semble être, condamner à tout prix.

De nombreuses affaires en cours démontrent de la stratégie de destruction mise en place par les bourreaux pour effacer du jeu politique les victimes. Pour le cas de certains prisonniers de l’opération épervier, il se trouve toujours une main tapis dans l’ombre  pour tirer les ficelles. Par exemple, les affaires Titus Edzoa, Michel Thierry Atangana Abéga et Yves Michel Fotso peuvent le témoigner. Pour le cas du premier cité après une quinzaine d’années sous les barreaux et après que sa peine privative de liberté arrivait à son terme, l’ancien Sg/Pr et son coaccusé Michel Thierry Atangana Abéga  sont de nouveau confrontés à une nouvelle affaire savamment ficelée, dans laquelle, ils attendent de nouveau à être condamnés. Dès que les adversaires de Yves Michel Fotso ont entendu que ce dernier était en négociations  avec la justice pour une éventuelle libération afin de recouvrer la liberté, le fils du milliardaire de Badjoun a vu une seconde plainte déposée contre lui.les accusations selon maitre Tchoungang, sont « cousues de fil blanc, elles se résument en productions de rapports d’irrégularités.

Procès politiques

Les hommes politiques camerounais ont choisi de se servir de la justice pour régler des comptes. En 2208 le juge pascal Magnaguémabé rend une ordonnance de non lieu partiel de renvoi devant le tribunal de grande instance du Mfoundi dans le cadre de la deuxième affaire Edzoa. Par cette décision courageuse, le juge ordonne une main levée du mandat de dépôt établi le 04 juillet 1997 contre Michel Thierry Atangana Abéga. Ainsi que la levée du blocage de ses comptes bancaires. Dans la même ordonnance, Titus Edzoa est reconnu innocent sur trois des cinq chefs d’accusation retenus à son encontre. Amadou Ali entre alors dans une vive colère  et estime que le juge devait, avant de prendre sa décision, « recourir à la chancellerie » c’est à cette dernière qu’il revenait d’informer le chef de l’Etat. Il s’agit pour de nombreux juristes d’une ignorance en réalité le juge ne rend compte qu’a sa conscience. Le ministère de la justice n’est en aucun cas son chef hiérarchique. Moins d’un mois plus tard, en novembre, de la même année, le président de la chambre de contrôle de l’instruction de la cour d’appel du centre reçoit une requête du ministère public faisant appel de l’ordonnance rendue. Elle a pour fondement, la requête du ministère public, les déclarations du témoin Mapouma qui a pourtant, reconnu a plusieurs reprises avoir menti sous serment, pour éclabousser Titus Edzoa et Michel Thierry Atangana. Comment comprendre que l’accusation fonde sa requête sur la base des déclarations d’un témoin ? Selon maître Charles Tchoungang, « il y a comme une pression de la chancellerie sur le système judiciaire. Pour que toutes les affaires dites de l’opération épervier aillent dans le même sens » assène l’ex bâtonnier chez nos confrères de la Nouvelle expression.

Dans un débat d’universitaires,  sur l’évaluation de l’opération épervier, Mathias Owona Nguini estimait que « l’assainissement de la morale publique en l’état actuel, relevait de la logique de l’incantation politique, et du fétichisme des dirigeants du régime actuel. C’est une arme que possèdent les tenants pour détruire leur rivaux ou adversaires politiques ».

 

Etranger: France avril 27 2012

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Présidentielle 2012

Le premier tour de l’élection présidentielle 2012, aura lieu les 21 et 22 avril prochains. Tour d’horizon des dix candidats en lice.

1-Les petits candidats

Dans cette catégorie, l’on range Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Eva Joly, Philippe Poutou, et Jacques Cheminade. Nathalie Arthaud est à quarante deux  (42) ans, la plus jeune des différents concurrents, elle est conseillère de Vaulx -en-Velin. Elle est aussi  la première candidate à déposer ses 500 signatures au conseil constitutionnel, le 12 mars 2012. Philippe Poutou, ancien militant de lutte ouvrière, parti  dont il est exclu en 1995, rejoint la Lcr (ligue communiste révolutionnaire) qui devient le Npa. Ce parti le désigne à l’élection présidentielle après la conférence nationale du 25 juin 2011. Il dépose ses 500 signatures le 16 mars 2012. Il ne possède aucun mandat électif. A 70 ans, Jacques Cheminade est le plus âgé des dix prétendants au poste de président de la République Française. Il n’est pas à son premier coup d’essai. En 1995, il était déjà candidat à la tête du parti ouvrier européen avec lequel il avait obtenu 0,28% des suffrages. Eva Joly, candidate d’Europe écologie, avec plus de 02,5% d’intentions de vote selon les sondages, vient en tête chez les petits candidats. Députée européenne, elle gagne le 12 juillet 2011, la primaire face à Nicolas Hulot avec 58,16% des voix. Dupont Aignan déclare sa candidature à l’élection présidentielle après avoir annoncé en novembre 2010, être tombé en désaccord avec Nicolas Sarkozy.

2-Les outsiders

Parmi les second couteaux, l’on retrouve Marine Le Pen, Jean Luc  Mélenchon et François Bayrou. C’est à 24 ans, en 1993, que Marine Le Pen entre en politique en se présentant aux élections législatives. Elle succède à son père  à la tête du Front national après le « coup de tonnerre du 21 avril 2002 ». Lorsque, Jean Marie Lepen annonce son retrait de la vie politique. Celle qui est créditée par les sondages de 16% d’intentions de vote est très aimée par les jeunes de 18 à 24 ans. Elle est farouchement opposée à Jean Luc Mélenchon lui aussi crédité de 16% d’intentions de vote, qui apparaît de plus en plus comme la révélation de l’élection présidentielle Française 2012. Le leader du Front de Gauche est jugé trop populiste. A 60 ans, l’ancien membre du  parti socialiste pense que « le torrent révolutionnaire est sorti de son lit » c’est en janvier 2009 qu’il fonde le parti de gauche après être parti du parti socialiste en  novembre 2008 à l’issue du congrès de Reims. François Bayrou est à 60 ans, le député des Pyrénées  Atlantiques. Ancien secrétaire de l’Udf, le 17 mai 2007, après avoir obtenu  18,57% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle, il fonde le  Modem dont il est le candidat. Il a marqué les esprits en 2007 en devenant le troisième homme. Les sondages lui accordent 10% d’intentions de vote.

3-Les favoris

Deux candidats sont en tête des sondages au premier tour et font du « Mano à Mano ». Ils sont d’ailleurs ceux qui devraient s’affronter au second tour. Il s’agit du socialiste François Hollande et du président candidat Nicolas Sarkozy. Tous les deux sont âgés de 57 ans. Hollande, premier secrétaire du parti socialiste de 1997 à 2008, renonce à l’élection présidentielle au profit de son ancienne compagne Ségolène royale. Le 26 mai 2011, il laisse sa place à martine Aubry à la tête du parti, face à qui il remporte la primaire socialiste avec 56,11% des suffrages. Il participe pour la première fois à l’élection présidentielle. En tête des intentions de vote avec 28% au premier tour, les sondages le donnent largement vainqueur au second tour face à Nicolas Sarkozy avec 56% contre 44 pour le président sortant qui a déclaré sa candidature le 15 février 2012. Il est candidat pour la seconde fois et est élu président le 06 mai 2007 après avoir été désigné candidat  de l’Ump par 98,09%. Il succède à Jacques Chirac le 16 mai de la même année. Sa phrase « si je perds j’arrête la politique » face aux journalistes à laquelle les hommes de médias opposent celle de Hollande,  pleine de détermination :«  dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu. Pourtant il gouverne. Cet adversaire c’est le monde de la finance » cette déclaration a laissé plus d’un français dubitatif. Conscient que les élections ne sont jamais jouées d’avance, Nicolas Sarkozy rêve de mettre à profit les abstentionnistes. Pour les analystes, jamais dans l’histoire de la 5e République, il n’y a eu un retournement des tendances lorsque ceux-ci donnaient le gagnant à plus de 10 points en tête. Difficile donc de pronostiquer en faveur de Sarkozy qui a connu cinq échecs au cours de son « quinquennat noir ».

Le choix de Biya

Il y’a eu 200 sondages politiques en France depuis le début de l’année qui ont tous donné François Hollande gagnant. Conscient de ce que la droit a perdu les Européennes, les Municipales, les Cantonales, les Régionales et les Sénatoriales, le chef de l’Etat camerounais a suivi la logique des chiraquiens qui s’éloignent petit à petit du candidat de l’Ump. Jacques Chirac a même affirmé qu’il voterait pour le candidat Ps. Sur la même lancée, de nombreuses personnalités françaises comme Fadela Amara, ancienne secrétaire d’Etat affichent leur choix en faveur de Hollande.  En  fin stratège politique, Biya envoie un message au parti socialiste. Le président Camerounais, a compris que Sarkozy ne gagnera peut être pas l’élection présidentielle et si cela arrivait il en sortira « affaibli ». C’est  pourquoi le président camerounais à  décidé d’abattre ses cartes à une semaine du premier tour de l’élection présidentielle française, contre les soutiens du candidat de l’Ump au Cameroun. Comment comprendre autrement l’arrestation de Marafa, l’ami de Bolloré. Lui, qui est sous le collimateur depuis plusieurs mois.

 

Synthèse réalisée Par A.O

Coopération: L’initiative Esther en mouvement au Cameroun avril 27 2012

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             L’initiative Esther contribue à la mise en œuvre de la politique française d’aide à la santé dans le monde.

C’est par un accord de partenariat signé le 15 décembre 2002 entre les Ministres de la Santé du Cameroun et  de la République Française, que l’initiative Esther (Ensemble pour une Solidarité Thérapeutique Hospitalière de Réseau) voit officiellement le jour au dans notre pays. Son objectif est le renforcement des capacités de lutte contre le VIH/Sida et les infections associées dans les pays en voie de développement. De sa mise en œuvre à ce jour, l’initiative Esther a agi dans les domaines aussi variés que complexes. Notamment,  dans la formation des acteurs  impliqués dans la lutte contre le Vih/Sida. Si elle s’est investie aussi, dans la décentralisation des  structures sanitaires, le renforcement des capacités des Cta (Centre de traitement agrées) continue d’être un axe prioritaire de sa politique de développement. L’initiative de solidarité Thérapeutique fondée sur les partenariats hospitaliers et qui   repose essentiellement sur le transfert des compétences pour une réelle prise en charge globale des Pvvih (personnes vivant avec le VIH/ sida) a été lancée en 2001. En mars 2011, l’extension du projet Esther, financé par le C2D, est signée. Mais, c’est en avril 2011, que le projet Esther Aid est lancé. Il vise l’amélioration  de la disponibilité et de l’usage des ARV (Anti rétro Viraux et des Intrants. Son bilan au Cameroun est largement positif. En 2011, outre la formation de 825 acteurs de soins à travers les ateliers nationaux,  de 16 conseillers psychosociaux formés ou recyclés, 6 conseillers psychosociaux formés dans le cadre des journées du Médiateur de Lomé, l’organisation contribue à la prise en charge de 55.000 Pvvih suivis dans différents sites que l’ONG soutient dont 35.000 sous ARV et parmi lesquels 1.000 enfants.

L’importance d’une telle organisation au Cameroun n’est plus à démontrer. Comme dans de nombreux pays en voie de développement, le pays ploie sous les ravages du VIH/ sida. Selon l’Onusida, avec plus de 19.6 millions d’habitants,  le taux de prévalence au Cameroun avant 2010 était de 5.1% avec 560.306 personnes infectées. (Adultes et enfants), soit 326 278 femmes et 234 028 hommes. La proportion des personnes infectées se situant dans la tranche de 20 à 39 ans. Les enfants de 0 à 14 ans représentent 8.5% des PVVIH. Soit 48 736 des cas. Le nombre des infections restent croissant  en 2010 avec, au cours de cette année, une augmentation  de 51 315  de cas. Soit (55.8% de femmes et de 44.2 % d’hommes). Les premiers résultats de l’EDS-MICS 2011 annoncent une prévalence de 4.3% chez les 15- 49 ans. L’organisation non gouvernementale Esther Aid est un partenaire stratégique et de référence pour le gouvernement camerounais dans sa croisade contre le Sida. C’est pour davantage marquer sa présence sur le sol camerounais que le bureau de coordination Cameroun organise un comité de liaison à Yaoundé sous la présidence du minsanté du 24 au 25 avril.

Armand Ougock

Humeur : alcool de la Mort avril 27 2012

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 Sur le triangle national, l’alcool frelaté se vend au bord de la rue dans des conditions précaires.

 

A Mbalmayo, petite ville située à plus de quarante kilomètres de  la capitale Yaoundé, le whisky en sachet, comme dans les autres villes du Cameroun, est très sollicité. Ekobena M, la quarantaine dépassée, planteur à la maigreur inquiétante, consomme nous dit-il, deux sachets chaque matin, pour commencer sa journée. Pour lui,  c’est son stimulant. Parfois, il ne prend son repas que sur insistance de son épouse. Il commence et termine sa journée par la consommation du whisky vendu en sachet qu’il garde par devers lui, dans une poche de son pantalon, ou dans son sac. Ses lèvres, rougies par l’alcool ont perdu le sens du goût. Affaibli, il ne dispose plus d’assez d’énergie pour travailler. Sa progéniture vit dans une précarité pitoyable. Nombreux sont des compatriotes qui vivent la même situation qu’Ekobena M. Dans les villes et campagnes camerounaises, l’alcool fait beaucoup de ravages. Qu’on l’appelle Odontol, Arki, Bili-Bili, Lion d’or ou Fighter, les boissons frelatés, sont toutes de composition douteuse et, parfois, d’origine inconnue. Sans scrupule, des commerçants véreux continuent à les distribuer. Très souvent, sur l’emballage, rien n’indique le degré d’alcool par volume, ni les constituants utilisés. Conscient de l’indulgence dont il a fait preuve, le gouvernement a tenté plusieurs fois d’interdire leur commercialisation sur le territoire national. Les décisions ministérielles prises  pour combattre le mal n’ont pas pour l’instant réussi à le faire reculer. Au ministère de la santé publique, il n’y a  pas une véritable politique de lutte contre l’alcoolisme. Les centres de désintoxication sont inexistants.  Les médecins eux, sont formés pour lutter contre les maladies plus « graves ». Renvoyant aux calendes grecques le mal que constitue l’alcoolisme. Tout se passe comme si c’était plus une affaire individuelle, pourtant le fléau a d’énormes conséquences dans notre société.    D’ailleurs, il n’est pas rare de trouver au sein du personnel soignant des infirmiers en état d’ébriété, en plein exercice de leur fonction. Certains centres de santé sont même bâtis près des débits de boisson.

Banalisation

Les populations sont des victimes inconscientes du « marketing agressif » des sociétés brassicoles.  Ces industries voient leurs chiffres d’affaires accroitre, malgré la crise économique. Tout comme le prix de la bouteille  la bière. La plus grande d’entre elles, la société anonyme des brasseries du Cameroun (Sabc), filiale du groupe Castel, produit près de 4 millions d’hectolitres par an. Et, détient plus de 80% des parts du marché. Guinness Cameroun Sa(Gcsa) spécialisé dans les bières brunes, est deuxième sur le marché national, et, possède plus de 13% de ce même marché. Elle fait en ce moment un bras de fer avec le ministère du commerce pour l’augmentation de sa grille de prix. L’union Camerounaise des brasseries n’est pas en reste. Toutes, elles investissent des sommes colossales dans les domaines très prisés des camerounais. Qui ne se souvient des grandes campagnes publicitaires de Samuel Eto’o footballeur à la réputation établie avec la marque Guinness ? L’Ucb et la Sabc sont présentes dans la formation de nombreux jeunes qui connaissent des carrières très glorieuses dans les championnats européens. A côté de ces industries, les importations de bières étrangères connaissent un essor fulgurant. Elles se vendent comme une panacée. Conséquence logique, la consommation d’alcool a augmenté. Selon une étude de l’organisation mondiale de la santé, (Oms), près de 100 litres de bière par an et par habitant, sont consommés en moyenne au Cameroun chaque année. Toujours selon la même étude, pour compenser le déficit  alimentaire causé par l’utilisation  de plus de 40 % du maïs produit localement, pour la fabrication de bière, notre pays importe annuellement plus de 8000 tonnes de cette précieuse denrée. Par exemple, La consommation de l’alcool à base de mil, en zone musulmane a été évaluée à 350 litres par an et par habitant. Hubert Mono Ndzana,  pense que « l’alcool au Cameroun, c’est comme les églises de réveil. Ça nous sert de dérivatif. De plus en plus de personnes boivent ou vont à l’église, pour fuir le quotidien». Le mal est tel qu’il doit devenir un problème de santé publique. Comment comprendre donc la banalisation inquiétante qui est faite autour de la distribution de l’alcool frelaté au Cameroun ? Peut-on dénombrer le nombre de débits de boisson au mètre carré dans notre pays ? À la préfecture du Mfoundi, il est plus facile d’obtenir l’autorisation d’ouverture d’un débit de boisson que celle de création d’une association.  Le commerce de l’alcool s’est vite retrouvé dans la rue entre des mains inexpertes et parfois innocentes, au mépris de toute réglementation.  De nombreux compatriotes trouvent la mort simplement après avoir consommé un whisky d’origine inconnue. Vivement, que les autorités se saisissent en urgence de cette situation pour mettre un frein dans un secteur ou, le désordre s’est installé.

 

Armand Ougock

 

 

 

Interview avril 27 2012

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Stéphane Akoa

« Une des faiblesses de cette opération « épervier » est qu’elle se noie dans ses contradictions et  se perd dans les confusions. »

Professeur, c’est quoi l’opération épervier ?

 J’ai  vraiment  beaucoup de mal à déterminer exactement  de manière objective ce qui est appelé couramment au Cameroun l’ « opération épervier ». Il me semble effectivement qu’on a repéré ainsi que des individus, des personnalités jadis,  auraient été interpellées sur la base d’un certain nombre d’accusations, notamment des fraudes et des détournements des deniers publics qu’on qualifie de prévarifications. Cet ensemble d’arrestations constituent de ce que d’aucuns appelleraient « épervier », du nom d’un volatile réputé pour sa rapidité. Maintenant, par rapport aux missions de cette opération, il nous semble plus difficile de les définir exactement. Nous n’avons pas d’indications de la part du gouvernement sur les questions de la nature de ladite opération. Nous n’avons jamais eu d’annonce officielle du rôle assigné à l’opération épervier. Encore moins des textes spécifiques relatifs à des missions d’une opération dite « épervier ». Encore qu’il n’a jamais été dit officiellement que tel procureur ou telle équipe du Ministère de la justice, avec des moyens destinés au préalable à traquer des gestionnaires indélicats de la fortune publique, seraient affectés à une structure de ce genre.

A vous écouter, on a comme l’impression que c’est une opération illégale ?

En principe, sur le plan de la légalité, il devrait avoir des éléments de preuve  en vue d’établir la culpabilité d’un individu  pour enclencher le processus judiciaire. C’est normal. Il faut que les prévenus répondent de leurs actes dans la gestion quotidienne de la fortune publique. Ce mécanisme là n’est absolument pas discutable en soi.  L’on peut néanmoins déplorer le fait que certaines personnes sont convoquées devant les commissions administratives devant répondre de leur gestion avec un type de sanctions fixées tandis que d’autres, par contre elles, sont convoquées à la police judiciaire et traînées au parquet et emballées dans une procédure politico-judiciaire.

Est-ce à dire que c’est une opération à tête chercheuse, qui torpille le principe de l’égalité devant la justice ?

Le fait de la pluralité des actions intentées avec une multitude d’instituions compliquent davantage la nature des opérations comme celles à propos de la quelle nous parlons. Vous avez la Conac, l’Anif, le contrôle supérieur de l’Etat, police judiciaire voire les éléments de la justice qui engagent des actions différentes. Cette confusion de procédure donne l’impression à l’opinion publique, à l’observateur ou au grand publique, qu’il y’a quelque part une inégalité dans le traitement des affaires qui relèvent du grand chapitre de la lutte contre la corruption.  Mais là c’est une appréciation que nous avons de l’extérieur. Maintenant de l’intérieur, ceux qui engagent les actions contre les gestionnaires auraient des éléments suffisamment probants pour engager des procédures. Ceci, sur le fait des éléments qu’ils possèdent que nous n’avons pas, nous qui sommes à l’extérieur de la procédure. C’est certainement eux qui savent les  procédures adaptées, en fonction des cas. Les gestionnaires qui passent devant  le contrôle supérieur de l’Etat le sont en fonction du degré de gravité de leurs fautes ou de l’intension qui couvre leurs faits ? On ne peut pas le dire. Et la justice  alors, à quel niveau elle intervient ? Je crois que la confusion vient de ces choses là. Elle vient d’abord de ce que le déclenchement de l’opération,  n’a pas été précédé d’une explication nécessaire du gouvernement. Et de part la qualité des moyens liés à l’action, il ya un flou qui s’est installé quelque part. Étant donné la nature du système, les gens ont tendance à faire double lecture des évènements annoncés.  Surtout que lorsqu’on regarde le temps qui s’écoule entre l’arrestation et la condamnation, on a raison d’être un peu dubitatif.

L’on a comme l’impression que cette opération est une épée de Damoclès sur la tête des concurrents politiques, qu’en pensez-vous ?

Je crois que c’est une mauvaise lecture qu’on se fait, pour oublier que les individus inquiétés ont  à un moment de leur vie et dans leur fonction posés des actes répréhensibles et à cet effet, devraient répondre de leur gestion.  On a tendance à ignorer que ces individus dans la gestion des entreprises publiques ou de l’administration, ont posé des actes qui n’étaient pas en accord avec la morale publique, des faits qui pourraient leur être opposés de manière objective. Ce qui amène à minimiser la portée des actes de la justice pour  croire qu’elle ne fait pas son boulot. C’est regrettable parce qu’on a le sentiment que le gouvernement règle les comptes aux gens indésirables pourtant ce n’est pas le cas. Il me semble aujourd’hui  probant que l’on devrait mener ce combat contre la corruption de manière forte et sans faiblesses. Finalement  une des faiblesses de cette façon de faire finit par désigner des coupables aux yeux de la justice, mais innocents aux yeux de l’opinion. On ne regarde plus ce que la justice leur reproche mais, c’est ce que le système leur reproche qui semble  prendre le pas. Ce qui parait comme un chapeau trop large aux yeux de certains. Malheureusement une des faiblesses de cette opération que  vous appelez épervier est qu’elle se noie dans ses contradictions et  se perd dans les confusions à la fois en termes de timing et également en termes d’objectifs. Ceci dans la mesure où il n’a jamais été clairement été expliqué au Camerounais ce qui était attendu de cette opération. Une opération qui n’a jamais été circonscrite dans le temps. On ne nous a jamais donné d’échéancier, on n’a jamais dit aux Camerounais à quel moment on serait arrivé au bout du processus et qu’on aura nécessairement nettoyé les écuries d’Augias.  Tous ces éléments de flou, ces éléments manquant dans la construction de l’information finissent par laisser des failles. Des éléments de suspicion, de méfiance et de défiance et finalement de déconstruction déteignent sur la qualité de cette opération.

L’actualité fait état de l’arrestation de deux personnalités de la République, Inoni Iphraïm et Marafa hamidou Yaya en l’occurrence. Certains pensent qu’il s’agit de détourner l’attention de l’opinion publique par rapport aux remous soulevés par l’adoption du code électoral, qu’en pensez-vous ?

 Qui est le juge de l’opportunité de saisine, le juge ou le magistrat ou les éléments de l’autorité publique qui ont besoin de faire valoir une qualité dans leur gestion, dans leur management ? Je crois que l’impératif aujourd’hui c’est l’épuration d’un système qui n’a pas fini de nous décevoir par la mauvaise gestion, les mauvais actes posé par un certain nombre de gestionnaires. Mais les magistrats vous diront qu’ils n’ont pas le souci de la précipitation que l’opinion publique voudrait voir faire et c’est là à mon sens qu’il se dresse un certain nombre de malentendus entre nous les citoyens dont les urgences et les impatiences ne sont pas forcément celles des dirigeants. Tous ces atermoiements finissent par faire croire que ces opérations là sont  à tête chercheuse.

Des solutions envisageables  de la lutte contre la corruption ?

 Je crois qu’au delà du caractère répressif de la sanction qui est l’objectif de cette opération, il ya aussi des mécanismes extrajudiciaires qui privilégient la prévention par le dialogue. Surtout il serait souhaitable que les fonds détenus par les prévenus soient remboursés.

 

Propos recueillis  par P.N

 

 

 

 

Politique: Code électoral unique avril 27 2012

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Au forceps

Le code électoral unique a finalement été adopté en l’absence des députés des partis de l’opposition.

La satisfaction pouvait se lire sur le visage des membres du gouvernement présents à l’assemblée nationale. L’unique point à l’ordre du jour de la session extraordinaire de la représentation nationale ouverte ce jeudi 05 avril a été adopté. Le gouvernement y a laissé quelques plumes en faisant des concessions aux députés. la loi portant code électoral, était très attendue aussi bien par l’opinion publique nationale qu’internationale. Le principal point de désaccord des travaux en commission, était l’article 161, en son alinéa 4 qui disposait « est également déchu de sa qualité de député ou de suppléant, celui qui, en cours de mandat, est exclu ou démissionne de son parti ». Jugé anticonstitutionnel au regard de la loi fondamentale de janvier 1996, dans son article 15 alinéas 2 et 3 qui dispose «  tout député représente l’ensemble de la nation. (…) tout mandat impératif est nul ». Les députés ne voulant pas être à la merci d’un parti politique. L’article 161 alinéa 4 a donc été logiquement amendé. De nombreux amendements ont été enregistrés. Plus de 300 au total. Seulement une centaine d’entre eux ont été retenues.les débats étaient logiquement houleux au sujet de l’article 160 de projet qui indique que tout salarié du secteur privé élu député doit avoir « son contrat suspendu » selon le président de la commission des lois constitutionnelles, Zondol Herssesse, « le code du travail ayant déjà réglé ce problème, il n’était plus nécessaire pour l’Assemblée nationale de légiférer, afin d’éviter une inflation législative ».

Innovations

Le troisième point de discorde concernait le cautionnement. Les députés trouvaient inacceptable la disposition du projet de loi portant code électoral qui voulait que la caution  des députés, parte de  cinq cents milles francs CFA (500.000 FCFA) pour 5 millions. Finalement, après discussions et concessions la caution des députés a été retenue à 3.000.000 F CFA. Et à 50.000 Francs CFA pour les conseillers municipaux au lieu de 100.000 F CFA. Pour Okala   Ebodé secrétaire national délégué à l’organisation et à la formation du Mouvement Républicain populaire (Mrp), « c’est l’instauration du suffrage censitaire, l’on veut réserver l’assemblée nationale aux riches ».  Il y’a des gens qui ont des bonnes idées mais, qui ne possèdent pas ces sommes élevées ». Pour d’autres partis de l’opposition dont l’union démocratique du Cameroun, (Udc) « le code électoral, tel qu’adopté, ne prend pas en compte les aspirations de la société civile et des camerounais. Les partis consultés ont discuté sur le mode de scrutin, afin qu’il soit à deux tours. Et que le mandat du président de la République soit limité.  Je suis déçue ». déclare Patricia Tomaino Ndam Njoya députée Udc. La déception est aussi très profonde dans les rangs du  social démocratic front (sdf). Le député Nkembeng Edward pense que « le code électoral aurait dû être précédé de la révision constitutionnelle ». De mémoire de camerounais, l’on n’a pas vu autant de d’amendements autour d’un projet de loi. Le texte compte 299 articles et a fait face à 300 amendements. Les  dissensions au sein du parti des flammes est la preuve que le principe de l’union sacré qu’affiche machinalement les députés du Rdpc a volé en éclat. Le texte final a été adopté en l’absence des députés de l’opposition qui ont boycotté la séance plénière. Les tractations engagées n’ont pas satisfait les parlementaires membres de l’Undp dont certains sous anonymat pensent que «  le Rdpc n’a jamais respecté leurs préoccupations. En un mot nous sommes otages de la majorité du Rdpc ». Confie un député sous anonymat. Difficile de dire si le code électoral adopté constitue une avancée. Tant il divise la classe politique. Pour Edith Kah Walla présidente du Cpp (Cameroon People Party), «  au lieu d’avancer, nous reculons. Ce code est la manifestation du mépris de l’exécutif sur le pouvoir législatif, et la négation des droits des citoyens camerounais».  

Armand O.

 

 



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