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Bébé volé : Vanessa Tchatchou, un symbole. février 24 2012

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vanessa-tchatchou.jpgLa jeune vanessa Tchatchou est victime d’un vol de bébé qui prend les allures d’une affaire d’état. Depuis la conférence de presse du ministre de la communication, la messe semble … dite

Au départ c’était une banale affaire de vol de bébé comme on en rencontre dans nos hôpitaux et maternités. Un fait divers de plus. Bon pour agrémenter les débats autour d’un verre entre amis. Bien pour ternir davantage l’image de nos hôpitaux gangrénés par cinquante ans de mal gouvernance. Non pas que la vie d’un bébé n’ait pas de valeur à mes yeux. Ou que je la tourne en dérision pour amuser mes lecteurs. Tout au contraire mon sang se glace à l’écoute du recit de la disparition d’un être humain. Voilà pourquoi cet enlèvement a plutôt à mon goût un zeste de machiavelisme achevé. Cette histoire rocambolesque est vite devenue un problème d’état . Les autorités en ont pris peur. La sortie du ministre de la communication peut en témoigner. Sans rire sous son apparence la plus sérieuse, le porte parole du gouvernement des grandes réalisations Issa Tchiroma Bakary alias « tonton la gaffe » a décrété la mort du bébé volé de vanessa. Comme dans les affaires Bibi Ngota, Enoh Meyomesse ou encore sa communication sur l’opération Epervier, le mincom manque de compassion et viole impunément la présomption d’innocence. Lors de la conférence de presse, il a été incapable de répondre à la question de notre confrère sur la procédure d’adoption d’enfant au cameroun. Il s’est enfermé dans ses envolés habituelles . S’ inscrivant dans la lignée des plus grands gaffeurs de l’ère Biya.

Détermination

Vanessa Tchatchou est une adolescente de 17 ans. Elle est jeune.L’insouciance et la naïveté caractérisent notre jeunesse. Les jeunes de son âge sont réputés avoir la tête sur les nuages. Elle n’a cédé à aucune menace, à aucun chantage. Pas même aux pressions du corps médical de l’Hôpital Gynéco- Obstétrique de Yaoundé . La jeune maman a été privée du minimum vital. Vanessa a été traumatisée, terrifiée, blessée et vilipendée par des infirmières. Des femmes, des donneuses de vie comme elle. Ses origines modestes auraient pu la contraindre à abandonner le combat. Nombreuses sont en effet les jeunes filles sans revenus qui délaissent leur progeniture, le fruit de leurs entrailles qu’elles portent neuf (09) mois durant dans des conditions difficiles. Elles n’hésitent pas à les oublier dans les maternités ou les égouts de nos quartiers. Parfois, face aux vicissitudes de la vie, elle les vendent à vil prix. Mais par son courage et sa détermination la jeune élève du lycée de NGOUSSO a fait preuve de maturité malgré sa jeunesse. Vanessa Tchatchou est un symbole de dignité féminine. Un rare modèle que les jeunes filles de notre société doivent suivre. Son message est sans équivoque. « L’amour d’une mère n’a pas de prix ». Le lundi 20 fevrier 2012, son « bébé vivant », son « bout de chou » sa petite fille qu’habillement Tchiroma a « assassiné » aurait eu 07 mois. Pourtant, la genitrice ne l’a regardé qu’un instant. Sans avoir le temps de memoriser ses traits et de la câliner.

Le crime de Vanessa

Le crime de vanessa est d’être pauvre et orpheline. Ce n’est pas un secret. Les pauvres sont des oubliés du système Biya. Des laissés pour compte. Ils n’ont pas droit à une justice équitable. sinon comment expliquer autrement la meprise dont est victime la jeune fille mère ? Toutes les autorités savent que son bébé est bien vivant.

Biya ira t’il jusqu’à démentir l’ignoble version de Issa Tchiroma bakary le ministre de la communication porte parole autoproclamé de son gouvernement ? Le très célèbre Kontchou nous avait gavé d’un cinglant « zéro mort » à l’époque des années de braises universitaires alors même que des familles organisaient le deuil des leurs. Cette version n’avait jamais été démentie.

Terrible affaire cette histoire de bébé volé. Les médias , la diaspora, la société civile et certains leaders politiques ont largement contribué à son internationalisation. Shanda Tonmé, Vincent Sosthène Fouda, Jean Bruno Tagné, KoKo Ateba, Patience Bakalack et bien d’autres ont réagi. Silence total du côté du clergé. Les hommes de Dieu dont on connait le poids dans la prise des décisions sont muets comme des carpes. Calme plat au niveau des associations feminines qui s’illustreront pourtant le 08 mars prochain. Les absences de horizons Femmes, de more women in politics… sont pleines de signification et sonnent comme un aveu d’impuissance. S’agit il d’associations ayant pour but la défense des droits des femmes ou de quelques intérêts individuels ? Quel est leur véritable poids sur les décisions politiques? Le constat s’impose les associations des femmes camerounaises sont des regroupements dépourvus de solidarité. Des coquilles vides. Un sursaut d’orgeuil est il possible le 08 mars prochain? Wait and see.

Par Armand Ougock






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