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Ma lecture du discours présidentiel à la jeunesse camerounaise février 12 2012

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Le 10 février, s’installant dans son habitude, Paul Biya s’est adressé aux jeunes camerounais à l’occasion de la 46e édition de la fête de la jeunesse.

Le thème  de cette 46e édition est « jeunesse et participation aux grandes réalisations pour un Cameroun émergent » tout un programme…Depuis le congrès du RDPC (rassemblement démocratique du peuple camerounais) tenu en septembre 2011, Paul Biya a annoncé la mise sur pied des projets structurants qui vont faire entrer le Cameroun dans l’ère de l’émergence. Un programme baptisé « grandes réalisations ».

Trop de promesses peu de réalisations

« Dès janvier 2012, le Cameroun sera un vaste chantier » martelait Biya dans son discours d’investiture qui tenait lieu de politique générale. Pour beaucoup c’était un programme de trop. Nous avons vécu celui du « pour le libéralisme communautaire » de la « sortie du bout du tunnel »(que seuls Biya et sa bande voyaient) puis vint celui  des «  grandes ambitions » qui nous  ont tous fait rêver.Que de promesses non tenues. De rêves brisés au point où les jeunes camerounais ne croient plus en leur président. Le plus gros mensonge de Biya vient d’être étalé avec le recrutement des 25.000 (pardon des 20.000 diplômés) quelques semaines après la prise de service nombreux sont ceux qui déchantent.Dans tous les gouvernements au monde, le problème de l’emploi des jeunes est la préoccupation majeure des gouvernants. C’est dans la catégorie des jeunes que se recrutent un nombre important des chômeurs.Et comme par hasard, le vendredi 03 février, une semaine avant l’annonce présidentielle, le premier ministre présentait le nouveau plan directeur du chemin de fer camerounais, dévoilait le nouveau dont la réalisation nécessite 15.000 milliards de francs CFA et pas moins de 600.000 ouvriers dont le plus grande partie doit se recruter au sein de la jeunesse. La construction de ce chemin de fer s’étalera de 2013 à 2020.Le fait n’est pas nouveau. Biya semble avoir misé sur l’agriculture. « Nous allons faire notre révolution agricole » Il en a toujours fait son cheval de bataille. Depuis 1982 mais rien de nouveau. Pas un discours du chef de l’état sans référence à énormes capacités agricoles «  Notre agriculture dispose en effet de capacités de production considérables qui peuvent être développées. C’est le cas des céréales comme le riz et le maïs et de nos cultures de rente, essentiellement le cacao et le café ; mais aussi de nos cultures industrielles, coton, palmier à huile, hévéa, canne à sucre et banane. » Pourtant, le paysan camerounais est l’un des plus pauvre au monde. Ses conditions de vie ne cessent de se détériorer.Le Cameroun possède plus de 7 millions d’hectares de terres arables dont seulement 25 % sont exploitées. Faute à une politique agricole incitative. Malgré la richesse de notre sol et les avancées dont s’auréole le président, un agriculteur camerounais  meurt encore par ce qu’il est incapable de s’acheter un comprimé.Les conditions sont elles réunies pour que les jeunes s’investissent dans l’agriculture ? Les banques en leur état actuel n’accordent les crédits qu’à la  tête du client.Les différents projets que le président présente à la jeunesse·

Le barrage de Lom Pangar,

·Le barrage Hydro électrique de Mekin,

·Le port en eau profonde de Kribi,

·La construction d’une usine de montage des tracteurs d’Ebolowa

·La construction d’un nouveau Pont sur le Wouri constituent certes des leviers qui font dire aux experts que le Cameroun sortira du gouffre. Mais l’on est en droit de s’interroger sur le sérieux qu’offre un pays dont la classe dirigeante est sclérosée et vieillissante. Réfractaire au changement.

Il appartient à Biya de savoir profiter de l’opportunité qu’offrent ces découvertes pour mettre le Cameroun et sa jeunesse sur la voie  de l’émergence.Selon certains experts, le taux de croissance de notre pays s’annonce à 5%.

Cela  est il suffisant pour garantir l’arrivée des investisseurs ? Avons-nous doté notre pays d’un organe capable de rassurer les apporteurs d’affaires quand on sait que notre administration est gangrenée par le clientélisme, la gabegie et la léthargie ?Peut-on facilement faire confiance à un gouvernement dont la propension à dilapider les biens publics est  reconnue et décriée à travers le monde ?

Le Cameroun est il capable de décoller quand on observe l’environnement mondial fait de crises ?Biya doit saisir les opportunités qui se  présentent  pour redonner confiance en une jeunesse qui voit tout en noir. Surtout s’il continue de rêver d’entrer dans l’histoire comme celui qui a mener « son peuple vers l’émergence ».

 Armand Ougock

Journaliste d’investigations

Blogueur camerounais

70 14 83 54 // 91 15 42 77






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